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lundi 23 janvier 2012

#7ell : les rats de l’OpenGov en Tunisie

En 1994, Didier Desor, enseignant chercheur du laboratoire de biologie comportementale de la faculté de Nancy, réalisa une étude qu’il intitula Les rats plongeurs – expériences de la différenciation sociale chez les rats.

Pour cette étude, des rats furent placés dans un dispositif expérimental  constitué de deux salles reliées par un long couloir. La première étant la salle de repos des rats et la deuxième contenant une mangeoire verticale contenant des croquettes et à laquelle les rats accédaient par des marches. Chaque jour, durant une heure, les rats étaient libres de circuler dans ce dispositif afin de leur permettre de bien apprendre à accéder à la nourriture. Le reste du temps, ils étaient enfermés dans la salle de repos au moyen d’une grille. Dans une première étape, tous les rats, sans exception, traversaient ce tunnel pour aller chercher par eux-mêmes leur propre nourriture. Par la suite, le tunnel fut rempli d’eau afin d’obliger les rats à nager en apnée pour franchir le tunnel, atteindre la mangeoire, récupérer les aliments et retourner à la cage pour déguster leur victuaille, étant donné qu’ils n’avaient pas pied dans la salle de nourriture.

Chaque rat, pris individuellement, réussit sans aucun problème cette épreuve. Les résultats étaient cependant tout autres, quand les rats furent regroupés par six. En effet, le premier jour, trois d’entre eux préférèrent s’abstenir de manger que de plonger sous l’eau. Et dès le jour suivant, un schéma bien précis se dessina. Trois rats, dits « non-transporteurs » ou « profiteurs », ne plongeaient jamais mais poussaient les autres à aller chercher la nourriture puis les attaquaient et la leur volaient. Parmi ces trois rats « transporteurs », un seul se défendait et parvenait à garder sa nourriture,  le rat « autonome ».

Cette structure sociale ainsi établie, était constante. Systématiquement, dans un groupe de 6 individus, se dégageaient 3 rats « profiteurs » et 3 rats « transporteurs » parmi lesquels on  décelait un rat « autonome » et deux rats « exploités ». Ces proportions étaient par ailleurs conservées dans un groupe de rats plus grand. Plus intéressant encore, cette structure se reproduisait immanquablement, même si l’on plaçait dans ce même dispositif expérimental 6 rats initialement « profiteurs », «exploités », ou encore « autonomes ».

Ce n’est pas parce que l'on s'est débarrassé de l’exploiteur, qu’il n’en émergera pas un autre, dans un groupe d’opprimés, ou même d’individus autonomes, ou pour utiliser un terme plus à la mode ces derniers temps, d’indépendants.

1 commentaire :

  1. Je salue votre analyse et votre perspective de pensée. Mais, les choses son plus délicates et plus compliquées. En effet, la Tunisie post-révolutionnaire se trouve dans une situation de métamorphose totale, mais vers où ? Vers la liberté de l'expérience, la liberté de croire, la liberté de s'exprimer ? ou vers l'autoritarisme, la théocratie et la dictature ? La voie n'est pas claire et reste obscure......(à faire à suivre)....

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