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samedi 5 novembre 2011

On ne naît pas esclave on le devient

Les acquis de la femme tunisienne sont-ils menacés ? C’est là l’une des questions existentielles qui taraudent la vox populi en cette phase de transition fatidiquement décisive pour l'histoire de la Tunisie. Par-delà l'intérêt purement mercantile des médias à alimenter la peur des masses en furetant dans l'imaginaire collectif pour y puiser allègrement les poncifs les plus éculés sans véritablement chercher à faire évoluer le débat ni à éclairer les esprits, la problématique de la place des femmes dans la nouvelle Tunisie mérite que l’on s’y attarde un moment. La question qui se pose n’est cependant pas tant celle de la menace qui pèse sur ces acquis que de leur nature même. Car en effet, pourquoi est-ce qu’à l’heure de la reconstruction démocratique, quand l’intérêt de chacun devrait être l’établissement d’une société juste et égalitaire, on s’inquiète, non pas de l’obtention de nouveaux droits mais de la préservation de ce qui est déjà, prétendument, acquis ? Ce terme même de « menace » n’est-il pas l’aveu tacite que ces acquis sont quelque part putatifs ?

Il n’est nullement besoin d’être un fin observateur de la société tunisienne pour prendre toute la mesure du gouffre insondable qui sépare le modernisme de façade – mensonge publicitaire déployé à l’envi ventant l’exception tunisienne aux visiteurs saisonniers – de la plate réalité. Certes, la Tunisie n’est pas l’Arabie Saoudite, l’Iran ou l’Afghanistan, ni même l’Algérie, le Maroc ou l’Egypte, pourrait-on s’enorgueillir. Mais il n’y a là rien de véritablement réjouissant, ce n’est qu’une affaire d’apparences sous lesquelles cette réalité, tributaire d’une tradition autrement plus sordide, a tout le loisir de perdurer, dans le secret de l’alcôve, loin du regard inquisiteur d’un éventuel spectateur profane. Cette Tunisie qui aime tant à se définir comme le porte-drapeau de l’avant-gardisme arabo-musulman n’a en vérité rien à se faire envier par ses cousins primitifs. La femme y demeure cet animal domestique, confiné dans le carcan des convenances et qui n’a d’autres perspectives que la soumission au diktat phallocrate d’une société entièrement fondée sur le patriarcat. Et l’on peut dire que ces quelques droits inédits, vestiges d’une époque révolue, que nous sommes si prompts à exhiber, comme autant de boucliers aux vertus talismaniques, pour repousser d’emblée toute insinuation dépréciatrice à l’encontre du Statut Privilégié de la Femme Tunisienne, n’ont plus, aujourd’hui, d’avant-gardiste que l’écart qui les sépare des mœurs ambiantes. De fait, s’il y eut jamais une évolution de ce statut, elle ne fut que sur un plan formel, aucunement substantiel. Car au-delà des célébrations pompeuses et des discours fleuris ponctuels, le quotidien des Tunisiennes n’est guère glorieux.

Depuis leur naissance, et même avant, dès que la sentence tombe comme un couperet étiquetant l’amas de cellules comme sexe faible, la machine infernale se met en route.
À j+1 
جينا نخطبو، مبروك يكمل عليك، بكلها بوها 
Et puis, comme une escalade de la violence...
مزينها مزينها، تقتل، شوف كالروبة، بش ناخذك لولدي إنت هاو نقلك من توى
يزي عيش بنتي، متمسخش حوايجك، أقعد عاقلة، إلعب بشوية، رد بالك روبتك، ما تجريش، امشي بشوية، رد بالك اطيح...
 ما فماش خروج، كمل دروسك وبعد ايجا عاوني فالقضية
موش نبهت عليك الستة ونصف تكون فالدار ؟ وين كنت و معا شكون ؟ شتحب يقولوا عليك الناس ؟ شكون بش ياخذك نهار آخر ؟
وقتاش تعرس و ترتحني، تحب عالخرجة عرس و توى راجلك يخرجك

Les filles sont ainsi pétries par une éducation inique entre les sexes, leur transmettant une image dépréciée d’elles-mêmes. Leur environnement tout entier se ligue en une force commune mue par la nécessité pressante de contenir leur nature impie et de les maintenir dans la probité. Aux filles, on n’apprend pas le dépassement de soi, le goût du défi et le pouvoir de l’émancipation. Aux filles, on inocule la peur de l’extérieur, la crainte de tout ce qui est physique et brutal, l’obsession du qu’en dira-t-on. Ces loques gélatineuses, animaux domestiques dociles et résignés, convaincues de cette nature délicate et faible à laquelle elles ont été contraintes depuis toujours, se soumettront alors de bon cœur à la tutelle éternelle de la société. Parce qu’une fille, ça ne décide pas de ses fréquentations, encore moins de ses activités ; parce qu’une fille, ça ne dispose pas de son temps, encore moins de son corps, la femme tunisienne n’aura atteint l’âge fatidique du mariage qu’en ayant pleinement assimilé l’idée de sa propre infériorité. Ainsi, celle qui, hormis quelques rares exceptions, n’échappera au domicile parental que pour intégrer la demeure conjugale, n’aura jamais véritablement eu la possibilité de faire l’expérience de la vie. 

Étant cette créature déficiente, limitée, subordonnée, ne pouvant se suffire à elle-même, son unique raison d’être sera l’espérance qu’un acquéreur daigne lui faire l’honneur de la recueillir, et pour cela préservera religieusement sa chasteté. Car effectivement, la valeur de la femme tunisienne est encore jaugée à la qualité intacte de l'hymen quelle présentera en offrande lors de la nuit de noces. Et il n’est pas peu fréquent de voir des cérémonies se clore en rituels tribaux obscènes où de nombreux convives, attroupés à proximité de la couche nuptiale, attendent que leur soit livrée triomphalement la preuve vermeille d’une maculée consommation. Dès lors s’ouvre à elle la porte du bagne où son existence sera faite d’humiliations à répétition, de frustrations, le tout dans une implacable subordination. Satisfaire l’égoïsme infantile d’un mari paresseux, se plier aux volontés capricieuses d’une belle-famille envahissante, se mouler dans un modèle sociétal uniforme et creux, tout ce à quoi, en somme, son éducation l’aura formée et préparée.

Cette sorte de calvaire quotidien, apanage de son sexe, devient alors un exhausteur de féminité que la femme tunisienne sera la première à revendiquer. En dépit des disparités entre les différentes couches de la société, les femmes tunisiennes se rejoignent au moins sur ce point. Qu’elle soit une paysanne impécunieuse et illettrée ou une citadine nantie et cultivée, sa destinée demeure la même. Et les voilà donc, nos femmes du monde, éclairées et érudites, s’engageant docilement sur le même sentier battu que leurs aïeules. Par facilité, par lâcheté, ou par conviction, elles auront capitulé sans jamais chercher à bousculer l’ordre établi. Qu’il est sinistre de les entendre, ces jeunes filles modernes, ouvertes et libérées, rivalisant d’anecdotes avilissantes comme pour signifier sans équivoque aucune l’aboutissement de leurs aspirations ultimes :
اسمع انا راجلي très égoïste راهو
كان ترا ما نحكيلكش الفازة الّي عملتهالي حماتي لبارح
اوووه والله حايرة ما عرفتش آش بش انطيّبلو ليوم انا كانك عليّة ما يقلّقنيش طرف سلاطة والّى حويجة خفيفة امّا قدّاش واحد يقعد يطيّب فالشّايح؟ ارجال يحبّوا الماكلة ما يرظالكش كل يوم شايح والّى ماكلة الشارع
والله في حالة بش نموت بالتعب مانروح ما نطيّبلو عشاه ما نهزلو نحطلو يتعشّة ما نلم حاسيلو نحس فروحي بش ندوخ ما فهمتش كفاش بش انّجّم نخدم ليوم
En bonnes prosélytes, elles ne manqueront pas non plus d’offrir, à leurs comparses profanes, et de fait dévorées par la jalousie, une maigre consolation faussement bienveillante, infusée d’une pique de fierté :
ادّلّل ادّلّل ما دامك صبيّة كيف تعرّس تفقد بارشة حاجات هاني وخيتك مجربة ونعرف

La gloire d’un ramonage inaugural quasi public, l’illusion d’une souveraineté dument acquise, l’élévation de son statut au rang de Femme, autant de perspectives inespérées qui valent le sacrifice de sa dignité. Car en dehors de cet étendard de la réussite qu’est le mariage, la femme tunisienne ne vaut rien et sera condamnée à trainer jusque dans la tombe le poids d’une tare ignominieuse. La polémique sur la polygamie est d’ailleurs très révélatrice. D’un côté, les partisans de cette pratique s’inquiètent constamment du nombre de femmes restées vieilles filles, malheureuses victimes d’un destin cruel les privant de la tutelle gratifiante d’un mâle protecteur. Ou mieux encore, du nombre de femmes infécondes, et vivant donc sous la perpétuelle menace d’une répudiation car ne pouvant accomplir le devoir suprême d’assurer la descendance de leur possesseur. Bien évidemment on ne s’interrogera jamais sur le nombre d’hommes non mariés ou stériles, car voyez-vous, un homme se suffit à sa propre existence. De l’autre, les détracteurs de la polygamie leurs rétorquent qu’il est déjà bien assez difficile pour un homme de gérer une seule femme, alors quel drame cela serait s’il fallait en posséder quatre ! Force est de constater que sa civilisation apparente lui ayant fait perdre de sa poigne de fer, le Tunisien éclairé préfère renoncer à une partie de son dû.

Son sort scellé, la femme tunisienne s’attellera à être une ménagère méritante, mettant du cœur à l’ouvrage pour donner entière satisfaction à cette nouvelle famille qui condescend à l’accueillir ; incarnant consciencieusement cette figure de la mère nourricière, vénérable attribut de son sexe. Rivalités épouse – belle-mère oblige, elle devra redoubler d’efforts pour démontrer toute la force de son instinct maternel. Entretenir le foyer, mitonner son mari et lui tenir chaud au ventre, telles seront sa mission quotidienne et sa principale fonction. Ainsi, au détour des conversations anodines du quotidien, une femme qui avouerait ne faire que très rarement la cuisine se verra systématiquement demander امّلا شنوّه ياكل راجلك مسكين ؟. Son propre besoin de nourriture est anodin, seule compte la satisfaction du maître et du devoir accompli. De même l’on rappellera immédiatement à l’ordre toute jeune fille réfractaire qui nourrirait une étincelle de rébellion نكره غسيل الصّابون انا عمري ما نغسل الحوايج – non mais pour qui se prend-elle ? كيفاش بش تعمل امّالا كيف بش تعرّس ؟ تو كيف ياخذك راجل ينحّيلك الدلال. Son unique raison d’être étant de trouver preneur, la femme tunisienne est condamnée à passer le restant de ses jours à lui signifier sa gratitude à travers une servilité sans fin.

Comme tout le reste est secondaire, il n’est pas rare de voir des femmes exténuées sur leur lieu de travail, totalement inefficaces parce qu’obnubilées par les corvées qui les submergent. Car quand on a fait le choix de travailler, il faut l’assumer, et l’assumer, c’est s’acquitter d’abord de ses obligations, quitte à tomber de surmenage. Quoi de plus naturel alors que le monde du travail soit réservé aux hommes et que les femmes y soient secondaires ? Comment pourrait-on, dans la conjoncture actuelle des choses, légitimement s’indigner de toutes les formes d’inégalités et de discrimination contre les femmes au travail ? Sa véritable place étant au sein d’un foyer protecteur s’adonnant aux tâches qui lui sont naturelles, loin de la rudesse masculine de l’agora, ce sera toujours à la femme de sacrifier sa carrière au moindre contretemps : un enfant malade, les rendez-vous chez le pédiatre, une panne de nourrice, un mari promu et un déménagement à l’autre bout du pays. Les ambitions professionnelles les plus déterminées sont nourries par les hommes, le rôle de la femme c'est d’aider.

Aider c’est justement le terme qui revient quand on aborde la question du travail de la femme, une question qui ne se posera évidemment jamais pour un homme. Mêmes les plus farouches défenseurs de la cause féminine, considèrent qu’il serait inenvisageable pour une femme de ne pas travailler uniquement parce que dans une époque telle que la nôtre, la vie est devenue si chère que les ménages peinent déjà à s’en sortir au quotidien avec deux salaires. La femme tunisienne doit donc son statut avancé à une crise économique salvatrice puisqu’il semblerait que dans l’imaginaire collectif, le travail ne soit pas pour elle un droit mais une nécessité. Or dans une société de loisirs comme la nôtre, où la véritable nécessité n’est plus de satisfaire ses besoins de base mais de cultiver un accomplissement personnel gratifiant pour s’offrir le luxe de jouir de son temps libre, cet esclavage domestique et cette dépendance dans lesquelles la femme tunisienne est maintenue ne semblent alarmer personne. Malgré leur avant-gardisme inouï, l’idée d’un partage équitable des tâches ménagères est une offense inconcevable autant pour les Tunisiens que pour les Tunisiennes. Quelle idée saugrenue, en effet que de voir deux personnes qui vivent sous un même toit, quittent leur domicile et y retournent aux mêmes heures, partager des tâches qui leur profitent également !

Non la femme reste une femme et l’homme un homme et celui-ci ne peut s’abaisser de la sorte au nom d’un progressisme chimérique. Les besognes ingrates sont l’apanage de la femme, elles semblent même inscrites dans son code génétique, comprendre comme la faculté de produire des ovules. Et elles l’affirment à l’unisson, un homme accomplira toujours moins bien les tâches ménagères et la cuisine qu’une femme, toujours, immanquablement. Attardons-nous un instant sur cet argument scientifique acéré qui risque de signer l’arrêt de mort des plus grands chefs étoilés de la planète. Une femme fera toujours mieux la cuisine qu’un homme, cela voudrait-il dire qu’un être humain quelconque, indépendamment de son âge, de son sexe, de sa culture et de ses capacités personnelles, pourra toujours, invariablement, déterminer si un plat a été préparé par un mâle ou par une femelle par le simple fait d’y goûter ? Sachant que nous mangeons non pas uniquement par besoin mais surtout pour le plaisir au point de faire de la gastronomie un art tributaire de philosophies diverses, d’esthétiques inventives et de modes aléatoires, et que le goût en lui-même dépend non seulement de données physiologiques mais également civilisationnelles, culturelles et personnelles, cette trouvaille mérite sans conteste d’être immortalisée par un prix Nobel.

Et puis il y a aussi la force physique, et là encore, elles sont nombreuses à le souligner : il y a bien égalité entre les hommes et les femmes et elle se situe dans le fait que la femme se dévoue au service de l’homme en contrepartie de la force inouïe de celui-ci qui lui permet de «porter des choses lourdes et de se battre». Ces frêles créatures se réfugieraient donc quotidiennement dans leur modeste cuisine pour laisser libre cours au mâle de déployer sa force ? N’en déplaise à la propagande moderniste qui s'échine à promouvoir l’image d’une Tunisie évoluée, on ne peut que comprendre que les exploits musculaires priment dans cette société primitive qui a toujours fait du taillage de menhir une spécialité et une fierté nationales. Rappelons juste pour le principe que leur condition physique étant meilleure, les filles enregistrent un taux de mortalité infantile bien inférieur à celui des garçons et que les femmes jouissent d’une longévité bien supérieure à celle des hommes. Mais par-dessus tout, tâchons de ne pas oublier, puisqu’il semblerait que nous soyons retournés au crétacé, que si la loi de la nature avait été celle du plus fort, le monde serait peuplé de dinosaures.

Si la Tunisie est en émoi depuis la percée islamiste révélée par les élections, ce n'est pas parce que nous vivions dans un véritable eldorado féministe dont l'ascension islamiste entrainerait le déclin, mais plutôt parce qu'on se plaisait à ergoter sur l'idée que ce soit moins pire qu'ailleurs. Nous pouvions nous offrir le luxe de l'hypocrisie tant que l'équilibre précaire entre le simulacre organisé et la réalité dissimulée était maintenu par l'immobilisme réconfortant de la dictature. Mais maintenant que c'est au peuple d'être l'acteur de sa propre destinée, le véritable visage de la Tunisie se révèle. Cette Tunisie où légalement parlant la femme vaut la moitié d’un homme, où une mère ne peut en aucun cas transmettre son propre nom à sa progéniture, où un enfant pour voyager à besoin de l’autorisation de son père exclusivement, où un violeur pour échapper à la prison se voit offrir la possibilité d’épouser sa victime. Les menaces qui pèsent sur ces prétendus acquis sont dérisoires en comparaison du chemin à faire pour que le statut de la femme tunisienne soit réévalué. Mais bien qu’il soit tout à fait louable d’embrasser les grandes causes et de porter le glaive contre l’injustice avouée de nos lois misogynes, on ne peut qu’être sceptique sur ce noble combat si en pratique, au quotidien, dans les rapports les plus banals entre les individus, les femmes mettent un point d’honneur à bafouer leurs propres droits. Car si même dans les milieux les plus privilégiés, où l’on se pique d’élitisme, elles se complaisent tant dans ce schéma archaïque, quels changements sommes nous en droit d'attendre de la masse populacière ?

on ne naît pas esclave

13 commentaires :

  1. Permettez-moi, tout d’abord, de saluer votre analyse et votre féminisme militant, avant de dire que le sujet est plutôt délicat et en faire un thème, tout en départissant des poncifs qui furent ( et resteront) d’actualité, est équivoque en soi. Essayer de décortiquer la situation actuelle de la femme tunisienne nécessite une visite rapide à l’Histoire pour comprendre les réalités de la mentalité patriarcale de notre société pour comprendre les changements et stagnations mentale.
    Dès l’Antiquité, la femme tunisienne semble à première vue, n’avoir joué dans la société qu’un rôle très limité. Son statut juridique faisait d’elle une « éternelle mineure » et, en tant que telle, elle ne pouvait participer aux affaires publiques. Ainsi les conditions de la femme tunisienne durant l’Antiquité varie selon les catégories sociales et d’une cité à une autre selon les époques. A l’époque carthaginoise par exemple, la femme bien soumise au pouvoir d’un homme (père, frère, mari, tuteur…), jouit cependant d’une certaine liberté de mouvement et d’une grande considération sociale. A l’époque romaine, les femmes ne participent pas à la vie sociale, sauf pour les funérailles et les cultes : son domaine reste le domus et non le forum. Les jeunes filles se mariées vers 14 ans à celui que leurs pères choisis !!! Mais on sait d’après nos sources que les femmes tinrent une place importante, bien que discrète dans la vie publique de la Tunisie antique. Pour ne citer que les héroïnes les plus illustres des premiers temps de la Tunisie, qui ignore le rôle d’Elissa (Didon) dans la fondation de Carthage, qui deviendra après l’une des plus importantes puissances méditerranéenne, ou encore l’image grandiose de Sainte Perpetue et Félicité. A l’époque chrétienne « la femme devint un objets » nous dit un évêque carthaginois. Elle ne dispose d’elle même qu’après avoir été rebutée ou voilée. Avec l’Islam, les choses se complexes de plus en plus car parmi les versets définissant les statuts légaux, ceux qui concernent la femme sont très nombreux. Il y a tout lieu de penser que certains points tel que la vie conjugale et familiale ainsi que l’héritage, l’Islam continuité la tradition antique (contrairement aux apologies des « docteurs de la foi »). Le statut propre de la femme sur certains points précis reste sujet à de profondes recherches, tel que l’habillement qui devait traduire la pudeur selon les écoles doctrinales, même si la pudeur doit régner de la même manière aussi bien entre les hommes que les femmes !!??

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  2. Permettez-moi, tout d’abord, de saluer votre analyse et votre féminisme militant, avant de dire que le sujet est plutôt délicat et en faire un thème, tout en départissant des poncifs qui furent ( et resteront) d’actualité, est équivoque en soi. Essayer de décortiquer la situation actuelle de la femme tunisienne nécessite une visite rapide à l’Histoire pour comprendre les réalités de la mentalité patriarcale de notre société pour comprendre les changements et stagnations mentale.
    Dès l’Antiquité, la femme tunisienne semble à première vue, n’avoir joué dans la société qu’un rôle très limité. Son statut juridique faisait d’elle une « éternelle mineure » et, en tant que telle, elle ne pouvait participer aux affaires publiques. Ainsi les conditions de la femme tunisienne durant l’Antiquité varie selon les catégories sociales et d’une cité à une autre selon les époques. A l’époque carthaginoise par exemple, la femme bien soumise au pouvoir d’un homme (père, frère, mari, tuteur…), jouit cependant d’une certaine liberté de mouvement et d’une grande considération sociale. A l’époque romaine, les femmes ne participent pas à la vie sociale, sauf pour les funérailles et les cultes : son domaine reste le domus et non le forum. Les jeunes filles se mariées vers 14 ans à celui que leurs pères choisis !!! Mais on sait d’après nos sources que les femmes tinrent une place importante, bien que discrète dans la vie publique de la Tunisie antique. Pour ne citer que les héroïnes les plus illustres des premiers temps de la Tunisie, qui ignore le rôle d’Elissa (Didon) dans la fondation de Carthage, qui deviendra après l’une des plus importantes puissances méditerranéenne, ou encore l’image grandiose de Sainte Perpetue et Félicité. A l’époque chrétienne « la femme devint un objets » nous dit un évêque carthaginois. Elle ne dispose d’elle même qu’après avoir été rebutée ou voilée. Avec l’Islam, les choses se complexes de plus en plus car parmi les versets définissant les statuts légaux, ceux qui concernent la femme sont très nombreux. Il y a tout lieu de penser que certains points tel que la vie conjugale et familiale ainsi que l’héritage, l’Islam continuité la tradition antique (contrairement aux apologies des « docteurs de la foi »). Le statut propre de la femme sur certains points précis reste sujet à de profondes recherches, tel que l’habillement qui devait traduire la pudeur selon les écoles doctrinales, même si la pudeur doit régner de la même manière aussi bien entre les hommes que les femmes !!??La femme tunisienne doit participer à développer la législation qui la concerne mais après la montée d’un parti de tendance islamiste au pouvoir suite aux élections de 23 Octobre 2011, les défis sont grand, c’est pourquoi j’apprécies beaucoup votre dynamisme et militantisme féministe, mais je doit noter quelques remarques avant de terminer : Le travail militant des féministes tunisiennes doit être innovant et ouverts sur les autres expériences surtout dans les pays scandinaves. Et aussi, le militantisme féministe doit être un travail de terrain et de sensibilisation des femmes pour protéger leurs droits et des hommes pour participer à enrichir les approches.

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  3. Permettez-moi, tout d’abord, de saluer votre analyse et votre féminisme militant, avant de dire que le sujet est plutôt délicat et en faire un thème, tout en départissant des poncifs qui furent ( et resteront) d’actualité, est équivoque en soi. Essayer de décortiquer la situation actuelle de la femme tunisienne nécessite une visite rapide à l’Histoire pour comprendre les réalités de la mentalité patriarcale de notre société pour comprendre les changements et stagnations mentale.
    Dès l’Antiquité, la femme tunisienne semble à première vue, n’avoir joué dans la société qu’un rôle très limité. Son statut juridique faisait d’elle une « éternelle mineure » et, en tant que telle, elle ne pouvait participer aux affaires publiques. Ainsi les conditions de la femme tunisienne durant l’Antiquité varie selon les catégories sociales et d’une cité à une autre selon les époques. A l’époque carthaginoise par exemple, la femme bien soumise au pouvoir d’un homme (père, frère, mari, tuteur…), jouit cependant d’une certaine liberté de mouvement et d’une grande considération sociale. A l’époque romaine, les femmes ne participent pas à la vie sociale, sauf pour les funérailles et les cultes : son domaine reste le domus et non le forum. Les jeunes filles se mariées vers 14 ans à celui que leurs pères choisis !!! Mais on sait d’après nos sources que les femmes tinrent une place importante, bien que discrète dans la vie publique de la Tunisie antique. Pour ne citer que les héroïnes les plus illustres des premiers temps de la Tunisie, qui ignore le rôle d’Elissa (Didon) dans la fondation de Carthage, qui deviendra après l’une des plus importantes puissances méditerranéenne, ou encore l’image grandiose de Sainte Perpetue et Félicité. A l’époque chrétienne « la femme devint un objets » nous dit un évêque carthaginois. Elle ne dispose d’elle même qu’après avoir été rebutée ou voilée. Avec l’Islam, les choses se complexes de plus en plus car parmi les versets définissant les statuts légaux, ceux qui concernent la femme sont très nombreux. Il y a tout lieu de penser que certains points tel que la vie conjugale et familiale ainsi que l’héritage, l’Islam continuité la tradition antique (contrairement aux apologies des « docteurs de la foi »). Le statut propre de la femme sur certains points précis reste sujet à de profondes recherches, tel que l’habillement qui devait traduire la pudeur selon les écoles doctrinales, même si la pudeur doit régner de la même manière aussi bien entre les hommes que les femmes !!??
    Après les d’un parti de tendance islamiste au pouvoir suite aux élections de 23 Octobre 2011, les défis sont grand, c’est pourquoi j’apprécies beaucoup votre dynamisme et militantisme féministe, mais je doit noter quelques remarques avant de terminer : Le travail militant des féministes tunisiennes doit être innovant et ouverts sur les autres expériences surtout dans les pays scandinaves. Et aussi, le militantisme féministe doit être un travail de terrain et de sensibilisation des femmes pour protéger leurs droits et des hommes pour participer à enrichir les approches.

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  4. Moi je vous remercie d'avoir tout lu déjà :)

    Sinon oui la position de la femme dans toutes les sociétés a évolué en fonction de la conscience de l'humanité d'elle-même et ce n'est pas propre à la Tunisie. Encore aujourd'hui dans certaines organisations primitives ce sont les femmes qui sont associées à la spiritualité et à la vénération. De points de vue ethnologiques et anthropologiques, la spiritualité a toujours évolué en fonction de la conscience de l’humanité d’elle-même et de sa maîtrise de son environnement (par exemple l’agriculture). Et même dans la société grecque antique, parmi l'une des plus misogynes, il restait quelques survivances de cet état des choses : la pythie et Athéna en sont les exemples les plus représentatifs. On voit aussi comment dans le moyen âge chrétien la femme fut persécutée par l'Eglise à travers la chasse aux sorcières, qui n'étaient que des femmes indépendantes vivant la plus part du temps seules à proximité des forêts pour cueillir les plantes médicinales dont elles avaient le secret et qui avaient pour rôle d'être des guérisseuses et des accoucheuses. Cette domination de l'homme sur la femme a permis aux religions monothéistes de s'imposer en écartant les tenantes initiales de la spiritualité. Pour rappel en ancien français les termes pape et prophète étaient féminins.

    Pour ce qui est de la Tunisie actuelle, oui certes, il faut militer mais ce que je pointe justement des doigts ce sont les femmes « modernes » et « cultivée » qui ont fait des études parfois même dans d’autres pays, qui ont accès à l’information et qui ont donc un véritable point de comparaison avec d’autres usages et qui même si en apparence elles adoptent un discours soit disant féministe ou si elles jouent les fortes têtes pour donner l’impression d’être des femmes libérées et indépendantes, on voit toujours que derrière RIEN n’a changé et elles se plaisent à se fondre dans le moule que la société leur impose. Elles le revendiquent même et ça ressort au quotidien. Donc si notre supposée élite en est au même niveau que la lie du peuple, à laquelle on ne peut pas en vouloir, où commence le combat féministe ? Je pense qu’au bout d’un moment il faut assumer parce que ce n’est pas avec la montée des islamistes qu’on pourra compter sur l’école pour contrebalancer le pouvoir de nuisance de l’éducation merdique qui formate les enfants de la sorte.

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  5. Félicitations pour l’analyse intelligente et l’écriture soignées. L’article peint un tableau plutôt noir ; alors qu’il y a des taches claires dans ce paysage sombre que vous n’avez pas évoqué. L’analyse serait encore plus pertinente si elle était un peu nuancée. Les conditions des femmes dans la Tunisie profonde ne sont pas les mêmes que celles dans les zones urbaines et huppées (i.e. branchées). 40 années de dictature ont fini par créer deux Tunisie à deux vitesses. Votre analyse s’applique à la grande majorité, celle laissée pour compte, mais pas, dans les même termes, à la minorité, celle des très éduqués ou fortunées. De plus, un peu de lumière pour percer ces épaisses couches de ténèbres donnerait un peu plus d’espoir à une militante féministe que je salure en vous, comme à tous ceux et celles qui essayent inlassablement pour changer les choses. Partant de ces taches de lumières, la question des militantes serait alors comment les élargir. Peut-être que ce serait la vôtre prochaine analyse.

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  6. merci pour les compliments. Le but de mon tableau sombre était justement de montrer que même dans les milieux huppés, cette frange de la société pseudo élitiste ne vaut pas mieux que les plus démunis des milieux ruraux. C'est le même modèles sociétal qui s'applique, en mode bling bling c'est là la seule différence. La question tant quel avenir somme nous en droit d'espérer pour le militantisme féministe dans ce cas là puisque même les milieux cultivés, éclairés, qui ont les moyens de vivre autrement et surtout le recule nécessaire pour critiquer se modèle se plaisent à l'appliquer.

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  7. Excellente note. description très réaliste, y compris en ce qui concerne les classes favorisées.
    Bravo.

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  8. Un plaisir comme toujours ! Note très réaliste et remise des pendules à l'heure plus que nécessaire (si l'on veut avancer).

    Toi qui a déserté fb, je me charge de la "pub" :) enfin bon ds mon cercle d'ami Mon Massir m'a devancée à vrai dire...

    Omar.

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  9. Ah ça faisait un moment que tu n'étais pas venue me rendre visite toi ! Ça me fait très plaisir merci :)!

    Oui plus de Facebook c'est vrai mais j'espère que tu continueras à jeter un petit coup d’œil sur mon blog de temps en temps et n'hésite pas à utiliser mon email :)

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  10. C'est une analyse très pertinente, mais vous généralisez trop à mon avis: Comme si des femmes vraiment émancipées n'existaient pas en Tunisie. Non, elles existent ces femmes qui ont réussi à vivre réellement leur indépendance, à s’épanouir seules ou au sein d’un foyer équilibré, où entre autres les tâches ménagères sont équitablement partagées, et où l’égalité n’est pas une simple façade. Nous sommes certes rares, mais nous existons ;)

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  11. Certes certes mais comme vous l'aurez certainement remarqué, le but de ce blog n'est pas le jetage de fleurs mais plutôt de pommes pourries ;)

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